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Au Soudan du Sud, la rvlation d'un Eden inexplor de la biodiversit

  Auteur : sylvain Date : 18/12/2022
 

 

 

 

 

 

 

Au Soudan du Sud, la révélation d'un Eden inexploré de la biodiversité

Par AFP le 26.05.2020 à 06h15

Lecture 7 min.

AFP - TONY KARUMBA
Le petit avion vire brusquement pour revenir survoler les plaines. Le pilote a aperçu quelque chose loin en dessous: une antilope, puis plusieurs, l'arrière-garde d'une migration de plus d'un million d'animaux sur cette immensité sauvage.

D'autres merveilles se cachent dans la savane. Trois girafes nubiennes, extrêmement rares, marchent pesamment, projetant leur ombre gigantesque sur les herbes.

"Il n'en reste plus que quelques centaines dans le monde. Alors vous voyez quelque chose de spectaculaire", remarque Albert Schenk, de l'ONG Wildlife Conservation Society (WCS), en sondant du regard cette vaste étendue.
Nous sommes au Soudan du Sud, l'un des jardins d’Éden de la faune et de la flore africaines, un lieu d'une incroyable biodiversité coincé entre les jungles tropicales et les déserts arides et désolés du continent.


Mais aussi un paysage rarement vu par des étrangers. Les guerres civiles ont laissé le Soudan du Sud quasiment sans routes bitumées ni aérodromes. Le pays est de la taille de la France mais de larges pans en restent isolés et impénétrables.

Vue sur l'entrée du QG dans le parc national de Boma au Soudan du Sud, le 4 février 2020 (AFP - TONY KARUMBA)
Il abrite parmi les habitats sauvages les moins explorés d'Afrique mais aussi les plus beaux: la plus grande zone humide d'Afrique, le Sud et la plus grande savane préservée du continent, une interminable étendue sauvage située à l'est du Nil blanc, qui court jusqu'en Ethiopie.
Cette savane, un écosystème large de 95.000 km², soit la taille d'un pays comme la Hongrie, est traversée chaque année par quelque 1,2 million d'antilopes et de gazelles, d'immenses troupeaux qui laissent sur la prairie les sillons de leur passage visibles du ciel.
En terme d'ampleur, ce déplacement n'est dépassé que par la grande migration de gnous entre les parcs du Serengeti, en Tanzanie, et du Masai Mara, au Kenya. Les lions, les éléphants et la myriade d'autres espèces emblématiques et menacées qui peuplent cette savane ont survécu à des décennies de guerre et au braconnage.
- Une faune menacée -

Des employés du parc national de Buma au Soudan du Sud déplient des peaux de léopard confisquées à des braconniers, le 4 février 2020 (AFP - TONY KARUMBA)
"Il y a encore des animaux sauvages au Soudan du Sud", déclare à l'AFP Alfred Akwoch Omoli, qui jusqu'en février était ministre du Tourisme. "D'autres pays nous envieraient de tels animaux", dit-il.
Ce patrimoine naturel est sous menace constante et les efforts de conservation, quand ils existent, sont difficiles et dangereux. Les scientifiques et les rangers font face à des milices rebelles et des braconniers bien armés, sur un territoire isolé que le gouvernement central est trop faible pour contrôler.
Environ 15% de la superficie du pays sont consacrés aux parcs nationaux et réserves, des espaces en théorie protégés par la loi. Mais les services de défense de la faune et la flore ont des moyens financiers et humains trop limités pour surveiller ces immenses étendues.
Ce jour, avant l'épidémie de nouveau coronavirus où une équipe de l'AFP pénètre dans le parc national de Boma, aux confins est du pays, des rangers déplient deux peaux de léopard saisies auprès d'un homme de la région qui avait pris les félins dans un piège.
"Avant, il y avait une riche faune ici, qui vivait proche des communautés", raconte à l'AFP William Til, le directeur par intérim du parc national de Boma.

Des rangers dans le parc national de Boma au Soudan du Sud, le 4 février 2020 (AFP - TONY KARUMBA)
"Avant la guerre, les gens utilisaient des chiens, des lances et attrapaient quelques animaux", dit-il. "Ils se satisfaisaient de ça. Mais aujourd'hui, avec les fusils automatiques, c'est plus dur pour les animaux. Des espèces plus grosses ont disparu de la zone", ajoute-t-il.
Pendant les décennies de guerre qui ont précédé l'indépendance du sud du reste du Soudan, en 2011, les zèbres et rhinocéros ont été chassés jusqu'à l'extinction.
Les antilopes et les girafes ont été massacrées pour nourrir les soldats. Abattus pour leur précieux ivoire qui a permis de financer le conflit, les éléphants ne sont plus qu'environ 2.000, contre 80.000 il y a 50 ans.
- Développer l'écotourisme -

Un groupe de vautours dans le parc national de Boma au Soudan du Sud, le 4 février 2020 (AFP - TONY KARUMBA)
Protéger la faune locale n'est pas la première des priorités dans un pays qui tente péniblement de s'extirper de six années de guerre ayant fait plus de 380.000 morts. Mais le gouvernement comprend les bénéfices qu'il y a à en tirer.
L'économie sud-soudanaise, ou ce qu'il en reste, repose presque entièrement sur le pétrole. Le développement d'autres secteurs susceptibles de créer des emplois et des revenus, comme la conservation de la nature ou l'écotourisme, est donc crucial pour l'avenir, estime M. Omoli.
"Qu'est-ce que cela permet? Cela amène les touristes (...) Ils paieront et cet argent sera utilisé pour le développement", résume-t-il.
Avant l'indépendance, seuls quelques aventuriers ont tenté la destination du Soudan du Sud. Le temps des vrais touristes remonte à avant la guerre civile avec le Soudan (1983-2005).
Aujourd'hui, le Soudan du Sud souhaite s'inspirer de ses voisins ougandais et rwandais. Ces deux pays ont aussi connu des conflits meurtriers mais sont aujourd'hui des destinations prisées des touristes.
Mais, même si la paix persiste, il faudra des années voire des décennies pour faire émerger un secteur touristique réellement viable. Cela nécessitera d'importants investissements, que le gouvernement risque de ne pas pouvoir se permettre dans l'immédiat, surtout en cette période de pandémie.

Un garde patrouille dans le parc national de Boma au Soudan du Sud, le 4 février 2020 (AFP - TONY KARUMBA)
Maintenir la paix et la sécurité sera primordial pour la préservation de la faune et son habitat, estime M. Schenk. Des années d'efforts de WCS à Boma ont été réduits à néant quand la guerre a éclaté en 2013. Les rangers se sont enfuis et le directeur du parc à l'époque a été exécuté. Le camp de WCS, un centre de recherches établi en 2008, a été "complètement pillé", se remémore M. Schenk. "Il ne restait rien d'autre que les dalles en béton sur lesquelles nous posions nos tentes de safari. Nous avons dû tout reconstruire", dit-il.
Un accord de paix signé en septembre 2018 a largement mis fin aux combats, même s'ils continuent en certains endroits du pays. Des photos aériennes et des pièges photographiques ont depuis permis de montrer que tout espoir n'était pas perdu pour la nature sud-soudanaise.
- 'Amener le développement' -

Vue générale sur le parc national de Boma au Soudan du Sud, le 4 février 2020 (AFP - TONY KARUMBA)
La faune s'est adaptée, se cachant dans d'immenses zones marécageuses ou des forêts impénétrables. Les larges colonnes d'antilopes et de gazelles ont continué à circuler.
Ces dernières années, des espèces rares comme le bongo, le lycaon ou le colobe rouge, ont été photographiées par le groupe de défense de l'environnement Fauna and Flora International.
"Il y a bien des choses là dehors que nous n'avons pas encore vues", souligne M. Schenk.
En 2019, le gouvernement américain a donné 7,6 millions de dollars (7 millions d'euros) pour un programme triennal destiné à protéger la faune et stimuler le développement économique dans l'espace Boma-Bandingilo, notamment au travers de l'écotourisme.

Un garde patrouille dans le parc national de Boma au Soudan du Sud, le 4 février 2020 (AFP - TONY KARUMBA)
WCS a contribué à établir une législation qui fait du corridor migratoire entre les parcs nationaux de Boma et Bandingilo une zone protégée. Selon M. Schenk, c'est une avancée considérable car cette zone, riche en pétrole et minéraux, suscite beaucoup de convoitises.

Quant à M. Til, il se raccroche à l'espoir que les efforts de conservation viendront un jour "aider à amener le développement" dans cet endroit isolé.

 

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Dans les eaux guyanaises, la dcouverte d'un cosystme

  Auteur : sylvain Date : 05/12/2020
 


 

 

 

 

 

Dans les eaux guyanaises, la découverte d'un écosystème "unique au monde"

Par AFP le 27.09.2019 à 13h33

AFP/ARCHIVES - PIERRE TRIHAN


Découverte d'une aire marine méconnue, observations de dizaines d'espèces de cétacés: une mission scientifique inédite Greenpeace-CNRS s'achève dans les eaux de la Guyane pour mieux comprendre le récif de l'Amazone, riche en biodiversité et menacé par le développement du pétrole offshore au Brésil.

"Nous découvrons des poches de vie, trésors de biodiversité, explorées par l'être humain pour la toute première fois et dont le mystère reste encore entier”, s'enthousiasme Alexis Rosenfeld, plongeur-photographe de la mission océanique menée à 100 kilomètres au large de la Guyane.
Cette expédition intervient alors qu'un traité sur la haute mer est en cours de négociations à l'ONU, en écho au rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Publié mardi ce rapport souligne la nécessité pour les gouvernements d'intensifier et d'accélérer leurs efforts pour faire face à la crise climatique et protéger les océans.
Par 100 mètres de profondeur, dans une eau à forts courants et boueuse, une équipe de six professionnels a plongé pour la première fois sur la partie guyanaise du récif de l'Amazone, un assemblage d'algues calcaires, d'éponges et de coraux noirs.
Ces plongées permettent d’obtenir "davantage d’images ainsi que des échantillons biologiques, nécessaires pour mieux comprendre cet écosystème", explique Greenpeace France.

L’existence du récif de l’Amazone au large du Brésil avait été révélée en 2016, et sa présence dans les eaux guyanaises en 2018 par Greenpeace. "Cet écosystème est menacé par des projets pétroliers dans les eaux voisines du Brésil, par des sociétés telles que BP", s'inquiète l'organisation internationale après un mois en Guyane.

Un dauphin nage aux côtés de l'Esperanza, au large des côtes guyanaises, le 3 septembre 2019 (AFP/Archives - PIERRE TRIHAN)
Installé dans l'une des cabines de travail de l'Esperanza, lourd bateau de Greenpeace vert métallisé orné d'une colombe, Thiago Almeida, de Greenpeace Brésil, souligne que cet écosystème est "unique au monde". "Si BP s'installe dans la zone", ça pourrait avoir un "effet domino", craint l'écologiste.

"S'il arrivait une fuite d'hydrocarbures au Brésil, la Guyane ne serait pas épargnée", renchérit Amandine Bordin du groupe d'étude et de protection des oiseaux en Guyane, embarquée sur l'Esperanza.
- Baleines à bosse -

Selon Greenpeace, l’Agence nationale brésilienne du pétrole (ANP) estime à "14 milliards de barils de pétrole", soit l'équivalent de 5,2 gigatonnes de CO2, contenus dans le fond de la mer proche du récif de l'Amazone.
Au large de la Guyane, on rencontre de grands mammifères marins, des requins, des oiseaux océaniques. La mission a permis de mettre en lumière cette diversité et d'observer une dizaine d’espèces différentes de cétacés.
Mais depuis la fin des années 70, plusieurs programmes de recherches sismiques sous-marines ont été menés, par Total et Shell notamment, à la recherche de gisements d’hydrocarbure.

La chargée de mission pour Greenpeace Edina Ifticene à bord de l'Esperenza, le 3 septembre 2019 (AFP/Archives - PIERRE TRIHAN)
La sismique "perturbe les grands plongeurs comme les cachalots, les baleines à bosse qui y sont extrêmement sensibles" regrette Amandine Bordin, jumelles autour du cou à la recherche de cette faune océanique.
"Si il y a trop de dérangements, de bruits, les espèces vont être obligées de partir, ce qui peut jouer sur la survie de certaines d'entre-elles", confirme Olivier Van Canneyt, scientifique de l'observatoire Pelagis, partenaire du CNRS.
Pour le scientifique, "les eaux guyanaises sont plus qu’une route migratoire pour certaines espèces" comme le rorqual tropical, observé pour la première fois en Guyane. La zone est utile pour la reproduction, la mise-bas et l’allaitement".

Vêtue d'un tee-shirt représentant une baleine à bosse, effigie de cette expédition internationale, Edina Ifticène, chargée de mission de Greenpeace, rappelle que "les océans sont connectés. Si on protège la Guyane, on protège les espèces qui se retrouvent aussi en Antarctique, en Arctique et ailleurs". Sans la grande bleue "on ne régule pas le climat", prévient-elle.
Greenpeace a lancé une large expédition pour une durée d'un an, au cours de laquelle l’Esperanza doit traverser l’océan Atlantique, depuis l’Arctique jusqu’en Antarctique.

 

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GNTIQUE - GLOSSAIRE

  Auteur : sylvain Date : 16/12/2018
 

GÉNÉTIQUE

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MUSIQUE ET ALZHEIMER

  Auteur : sylvain Date : 21/09/2017
 

 

 

 

 

 

 La musique pour soigner la mémoire

Grâce aux travaux des neurosciences, on sait aujourd'hui que l'exposition à la musique a des effets positifs sur la mémoire, notamment chez les personnes atteintes d'Alzheimer. Le point sur les dernières découvertes, dans cet article qui figure dans le Top 10 des contenus les plus lus sur notre site cette année.

La musique aurait-elle ce pouvoir extraordinaire de s’enraciner profondément dans notre mémoire et de réactiver des capacités cognitives qu’on croyait perdues à jamais ? Dans les institutions qui accueillent les malades d’Alzheimer, il est fréquent de voir des patients entonner avec une vitalité inattendue La Java bleue et autres chansons apprises dans leur jeunesse, alors qu’ils ne se souviennent plus de leur prénom. Dans le même registre, les cliniciens ont depuis longtemps constaté que certaines personnes victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC) atteintes d’aphasie (troubles de la parole) étaient capables de fredonner les paroles de leurs chansons favorites sans difficulté d’élocution ou encore que des patients atteints par la maladie de Parkinson parvenaient à se déplacer lorsqu’ils synchronisaient leur marche sur un rythme ou un tempo musical. Comment expliquer ce phénomène ?

Le son traité de manière automatique par le cerveau
« Lorsque la musique nous parvient, précise Emmanuel Bigand1, professeur de psychologie cognitive à l’université de Bourgogne et directeur du Laboratoire d’études de l’apprentissage et du développement2, notre cerveau l’interprète à une vitesse de 250 millièmes de seconde, au cours de laquelle se joue une véritable symphonie neuronale. » Concrètement, le son est d’abord traité par le système auditif, puis interviennent différentes aires cérébrales impliquées dans la mémoire, les émotions, la motricité (la musique nous donne envie de battre du pied), le langage… sans compter l’activation des circuits neuronaux de la récompense (production de la dopamine) lorsque nous écoutons une musique plaisante.


La musique est traitée par notre cerveau de manière automatique, sur un mode involontaire, et stockée dans notre mémoire « implicite ». « Beaucoup de nos connaissances et de nos représentations musicales sont acquises par exposition naturelle, précise Emmanuel Bigand. Bien avant de naître, le bébé mémorise les œuvres musicales et est capable de les reconnaître un an après sa naissance, sans les avoir réentendues. À l’autre extrémité de la vie, même lorsque les activités linguistiques disparaissent, notamment aux stades avancés de la maladie d’Alzheimer, la musique reste accessible. Non seulement, elle redonne le goût de communiquer, de sourire et de chanter, mais elle parvient à réveiller la mémoire et les événements qui lui sont associés. »

La mémoire
musicale active les
deux hémisphères,
notamment la
région de Broca :
celle du langage.

Hervé Platel3, professeur de neuropsychologie à l’université de Caen, est l’un des premiers chercheurs, dans les années 1990, à avoir observé le cerveau exposé à la musique. Grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM), il a identifié les réseaux du cerveau impliqués dans la perception et la mémoire musicale. Jusqu’alors, et de manière empirique, on considérait que le cerveau gauche était celui du langage (notamment l’aire de Broca et de Wernicke) et le droit, celui de la musique, or c’est plus compliqué que cela.
La mémoire musicale partage ainsi avec celle des mots des zones de l’hémisphère gauche qui permet notamment de nommer le nom de l’œuvre musicale, alors que l’hémisphère droit assure l’analyse perceptive (on reconnaît une mélodie). « Cette spécificité confère à la mémoire musicale, une supériorité par rapport à la mémoire verbale, détaille le chercheur. Lorsqu’un malade présente une lésion à l’hémisphère gauche (langage), les aires homologues droites ne compensent généralement pas ce déficit. En revanche, le malade pourra généralement toujours percevoir, mémoriser la musique (sans la nommer) et en retirer du plaisir. »

Une persistance étonnante chez les malades d’Alzheimer
Cette persistance de la mémoire musicale s’observe particulièrement chez les malades d’Alzheimer, y compris dans les situations d’apprentissage. Des travaux réalisés par l’équipe d’Hervé Platel, en collaboration avec le docteur Odile Letortu, médecin dans l’unité Alzheimer de la maison de retraite Les Pervenches (Calvados), ont en effet montré que des patients (cas modérés et sévères de la maladie) a priori incapables de mémoriser une nouvelle information réussissaient à apprendre des chansons nouvelles (d’une dizaine de lignes) en moins de huit semaines (huit séances d’une heure tente). Et fait encore plus étonnant : certains d’entre eux s’en souvenaient et pouvaient entonner les mélodies quatre mois après l’arrêt de l’atelier.

Ces résultats ont conduit les chercheurs caennais à répliquer l’expérience. Ils ont fait écouter à des malades de nouveaux extraits musicaux et verbaux (poèmes et livres audio) pendant huit jours (à raison d’une fois par jour). Et, une fois encore, ont constaté que « les malades éprouvaient un sentiment de familiarité avec les mélodies écoutées deux mois et demi plus tôt, détaille le chercheur. En revanche, ils ne gardaient plus aucun souvenir des poèmes et des histoires entendus, ce qui confirme l’étonnant pouvoir de la musique à s’inscrire durablement dans le cerveau ».


Une étude incluant un groupe de 40 malades d’Alzheimer (stades modérés et sévères) et un groupe de 20 patients appareillés est en cours pour identifier les aires impliquées dans l’acquisition de nouvelles informations. « La question qui se pose, s’interroge Hervé Platel, qui pilote cette recherche avec la chercheuse Mathilde Groussard, est de savoir si cette capacité d’apprentissage est liée aux zones cérébrales qui fonctionnent encore ou à un circuit de mémoire alternatif qui prendrait le relais. »

La musique contre le vieillissement cérébral
Quoi qu’il en soit, la mise en évidence de ces étonnantes aptitudes musicales chez les patients atteints par la maladie d’Alzheimer a favorisé la mise en place de nouvelles méthodes de prises en charge. Certaines structures d’accueil proposent désormais des dispositifs fondés sur la familiarisation comme l’utilisation d’une mélodie chantée familière pour aider à la ritualisation de l’activité toilette, ou la mise en place de bornes de musique spécifique à chaque salle d’activité afin d’aider les patients à se repérer dans l’espace et dans le temps.

Les sujets âgés
ayant une pratique
musicale de
quelques années
ont moins
de risque de
développer une
maladie neuro-
dégénérative.

Mais pour autant, peut-on parler d’effets thérapeutiques ? De nombreux travaux indiquent que, en cas de lésions cérébrales, la sollicitation des aires cérébrales impliquées dans le traitement de la musique avait un effet positif sur les aptitudes cognitives (attention, mémoire, traitement du langage) et contribuait à favoriser la plasticité cérébrale. « La répétition de stimuli musicaux contribue à favoriser les échanges d’informations entre les deux hémisphères et à augmenter le nombre de neurones qui assure cette communication, ce qui a pour effet de modifier la structure du cerveau. Chez les musiciens, ces modifications se traduisent par des changements visibles, sur le plan anatomique par exemple : une plus forte densité du corps calleux (réseau de fibres qui relient les deux hémisphères) par rapport aux non-musiciens », note Emmanuel Bigand.

En 2010, Hervé Platel et Mathilde Groussard ont pour la première fois mis en évidence l’effet de la pratique musicale sur la mémoire. Ils ont observé chez les musiciens une plus forte concentration de neurones dans l’hippocampe, région des processus mnésiques.
« Ce résultat confirme que la pratique de la musique stimule les circuits neuronaux de la mémoire et suggère qu’elle permettrait de contrer efficacement les effets du vieillissement cérébral. Plusieurs études ont ainsi montré que les sujets âgés ayant une pratique musicale de quelques années ont moins de risque de développer une maladie neurodégénérative », souligne le chercheur.

Des bénéfices à tous les âges
De même, la musique a des effets sur les aphasies (perte de l’usage de la parole) majoritairement consécutives aux AVC. En 2008, l’équipe de Teppo Sarkamo, du Centre de recherche sur le cerveau, à Helsinki, en Finlande, mettait en évidence les effets de récupération du fonctionnement cognitif et émotionnel de l’écoute musicale chez les victimes d’AVC.
Des travaux similaires ont lieu actuellement au CHU de Dijon sur l’impact d’une stimulation musicale précoce chez les patients touchés par un AVC. « Les premières observations montrent non seulement que les patients éprouvent du plaisir à écouter des musiques qui leur rappellent des souvenirs, mais qu’ils se mettent spontanément à fredonner ces mélodies, explique Emmanuel Bigand, qui pilote cette recherche. Cette réaction pourrait faciliter la réorganisation fonctionnelle indispensable à la restauration des compétences linguistiques. »
Alors devrions-nous tous écouter de la musique en boucle, chanter ou pratiquer un instrument pour stimuler notre cerveau et l’aider à lutter contre le vieillissement ? « Cela ne fait aucun doute », répondent de concert les chercheurs. « Les bénéfices sur le fonctionnement cognitif global du cerveau peuvent être observés à tous les âges, y compris chez les personnes âgées qui débutent tardivement la musique », précise Emmanuel Bigand, qui milite pour que, au même titre que le sport, la musique soit enseignée dès le plus jeune âge.
À lire aussi sur notre site : "Dans la tête de Dory, le poisson amnésique"
La Semaine de la mémoire, du 19 au 25 septembre 2016, à Caen
(link is external)
et à Bordeaux et sa région
(link is external)

Une semaine en compagnie de chercheurs venus du monde entier pour partager les recherches et les découvertes sur la mémoire auprès du grand public.
 
Notes
*         1.
Il a coordonné l’ouvrage Le Cerveau mélomane, paru en 2014 aux éditions Belin.
*         2.
Unité CNRS/Univ. de Bourgogne.
*         3.
Chercheur au laboratoire Neuropsychologie et imagerie de la mémoire (Inserm/EPHE/Unicaen), à l’université de Caen. Il est coauteur avec Francis Eustache et Bernard Lechevalier de l’ouvrage Le Cerveau musicien, paru en 2010 aux éditions De Boeck.

 

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